Passejada musicale à la cathédrale : les voix oubliées du Moyen Âge catalan

📍 Perpignan 📅 19/09/2026 Gastronomie
Passejada musicale à la cathédrale : les voix oubliées du Moyen Âge catalan
En bref
📅 Date 19 septembre 2026
🏘️ Commune Perpignan

QUOI ? Une passejada musicale avec Fanette Estrade (flûtes, chalemie, chant), Vincent Vidalou (hautbois catalans et chant) et Jean-Pierre Baston (orgue), interprétant les Lamentations de Joan Pau Pujol, des goigs, virelais et extraits du Llibre Vermell, dans le cadre des Journées du patrimoine.

OÙ ? Cathédrale Saint-Jean-Baptiste, place de la République, 66000 Perpignan.

QUAND ? Samedi 19 septembre 2026 à 16h — entrée libre, durée environ 75 minutes, pas d’entracte. Accès par la porte latérale ouest (escaliers raides, chaussures confortables conseillées). Pas de réservation — places debout, quelques bancs disponibles.


Le vent qui passe sous les voûtes de la cathédrale, ce samedi-là, n’est pas celui des touristes. Il porte autre chose : le souffle des flûtes anciennes, le cri du hautbois catalan, et l’orgue qui respire comme un vieil homme qui se souvient.

Jean-Pierre Baston, organiste depuis trente ans dans ces murs de galets, ne joue pas pour la foule. Il joue pour les pierres. Pour celles qui ont entendu les chants des moines avant que Perpignan ne devienne une ville où l’on cherche un café à deux pas du parking.

Fanette Estrade et Vincent Vidalou n’ont pas besoin de micros. Leur voix, leur instrument, c’est le silence entre deux notes qu’ils font vivre. Ils chantent en catalan — pas pour faire exotique, mais parce que c’est la langue qui a porté ces mélodies avant que les écoles ne l’interdisent.

Ils jouent Pujol. Pas comme un monument. Comme un voisin. Un homme qui, au XIIIe siècle, a écrit des lamentations pour une Vierge qu’on aimait encore sans détour. Des goigs, des virelais, des chants de terre et de pluie — pas de l’opéra, pas du concert. De la mémoire.



Il n’y a pas de programme imprimé. Personne ne vous dira quel morceau vient après. On le sent. Quand la chalemie s’élève, c’est comme si l’ombre d’un berger passait entre les stalles. Quand l’orgue reprend, c’est le poids des siècles qui retombe sur les épaules.

On ne vient pas ici pour écouter. On vient pour se laisser prendre par ce que les murs gardent encore — un souffle, une prière oubliée, une danse de fête dans l’ombre d’un cloître.

Les jeunes du quartier passent, curieux, s’arrêtent à mi-porte. Ils ne connaissent pas le nom des compositeurs. Mais ils reconnaissent la voix. Celle qui vient d’en bas, de la terre, pas de l’écran.


Manuscrit médiéval en parchemin, pages vieillies aux bords rongés, écriture gothique à l'encre noire, avec des notes musicales rudimentaires tracées à la plume, un morceau de cierge fondu collé au coin supérieur gauche.


C’est rare, aujourd’hui, d’entendre une musique qui ne cherche pas à vous émerveiller. Qui n’a pas besoin d’éclairage ni de sonorisation. Une musique qui se contente d’exister — comme un figuier dans la cour du couvent, ou le bruit des pas sur les dalles usées par des siècles de pieds nus.

Jean-Pierre Baston ne sourit pas en jouant. Il respire. Comme s’il était en train de redonner vie à quelque chose qu’on avait oublié d’aimer.

Et quand la dernière note s’éteint, il y a un silence. Pas celui du vide. Celui qui suit une prière.


Hautbois catalan en bois sombre, ancien, avec des clés de cuivre vert de gris, posé sur un banc de pierre, près d’un morceau de tissu traditionnel brodé à la main, fond de lumière dorée filtrant par une fenêtre étroite.


Signe Paul Ferra

📍 Perpignan

© OpenStreetMap

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