Il y a de ces soirs où la lumière du Roussillon, même en janvier, semble vouloir s'accrocher aux façades de la vieille ville. On sent que le vent, peut-être un peu de tramontane résiduelle, a rangé le ciel mais pas encore les idées. C’est dans cette atmosphère, entre le calme feutré des ruelles et l’agitation douce du centre, que l’on attend le spectacle de Meryem Benoua.
Je vous l’avais dit, Perpignan a ce don rare de transformer n’importe quel événement en moment de vie locale. Que ce soit autour d’un café serré au marché ou dans les grandes salles de la place Armand Lanoux, il y a toujours cette même énergie catalane, cette envie de partager, de rire, de se reconnaître. Et c’est exactement ce que propose Reflet.
L’apparence n’est pas tout
Meryem Benoua, née à Casablanca et devenue une figure incontournable de l’humour français, revient à Perpignan avec un show qui lui ressemble. Reflet, c’est le titre, et c’est aussi la promesse. On y explore ce jeu délicat entre ce que l’on montre au monde et ce que l’on garde pour soi. C’est un one-woman show, ce qui signifie que tout passe par elle, par sa voix, par ses gestes.
Ce n’est pas un simple stand-up classique. C’est une performance scénique où l’humour mordant se mêle à des moments de grande franchise. Elle est théâtrale, pétillante, et surtout, elle est vraie. Pour ceux qui l’ont suivie depuis ses débuts, ou pour ceux qui découvrent son talent, c’est l’occasion de voir une artiste qui ne se contente pas de faire rire, mais qui cherche à créer un lien profond avec son public.
Une performance à part
Ce qui frappe chez Meryem, c’est cette capacité à alterner les registres. Un instant, on rit de ses anecdotes, de ses observations sur la vie quotidienne ; l’instant d’après, on est touché par une vérité nue, une émotion sincère. C’est ce contraste qui fait la force de Reflet. Elle ne se cache pas derrière un texte figé, elle improvise, elle réagit, elle vous surprend.
Signe Paul Ferra
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