Il y a des lieux qui ne demandent pas à être découverts, mais à être réentendus. Canet-en-Roussillon, que l’on réduit trop souvent à sa ligne d’horizon balnéaire, se dévoile ici dans sa chair la plus dense. Ce n’est plus la station, c’est la ville. Celle des remparts, des hospices et des mains qui travaillent le bois et la pierre. Comme je vous l’écrivais il y a quelques mois en évoquant les séances du Ciné-Club Canetoiles, c’est souvent dans les interstices de l’agitation locale que la mémoire prend ses aises. Cette fois, c’est le patrimoine qui reprend la parole, sous le thème « Patrimoine en péril : raviver, résister, réinventer ».
Vendredi 18 septembre, la soirée s’annonce comme une respiration. À la Galerie des Hospices, sur la place Saint-Jacques, l’air sera chargé de senteurs de vin et de vibrations musicales. De 19h à 21h, la compagnie Entrelacs, fondée à Perpignan, propose un interlude chorégraphié où la danse s’entrelace avec la musique jouée en direct. C’est une hybridation des langages, un moment poétique où le corps devient le premier instrument de la narration. Pour ceux qui aiment les gestes précis, c’est l’occasion de voir la mémoire se remettre en marche.
Cette édition des Journées Européennes du Patrimoine s'inscrit dans une dynamique plus large qui se déroule du lundi 14 au dimanche 20 septembre. Au-delà de cette soirée chorégraphiée, la ville propose une immersion dans son histoire à travers l'exposition d’arts plastiques « Le Canet d’hier et d’aujourd’hui » au Clap Ciné. Cette démarche vise à faire dialoguer les paysages, l’évolution urbaine et la vie locale, offrant au public une vision renouvelée de la cité canetoise.
Signe Élise Ribes
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