La tramontane range le ciel, mais elle ne range jamais les idées. Samedi 29 août, Canet-en-Roussillon va prouver qu’un village de plaine peut avoir le cœur d’un port de mer. Oubliez la carte postale tranquille. Ici, on ne vient pas pour « découvrir des traditions ». On vient pour sentir la sueur, le sel et le rythme des tambours dans les jambes.
Comme je vous l’écrivais en évoquant les séances calmes du Ciné-Club Canetoiles, Canet a deux visages. Le premier est discret, cinéphile, feutré. Le second est électrique, bruyant, catalan à 100 %. Et c’est ce visage-là qui sortira de son grenier ce week-end.
Le matin, c’est le grand large. Les Vieux Gréements sortent leurs bateaux d’antan pour un « vire-vire » entre le port et Canet Sud. Regardez bien l’horizon. Ces voiles ne racontent pas l’histoire des marins ; elles hurlent la liberté. C’est le genre de spectacle qui vous pique les yeux et vous rappelle que la mer n’est jamais loin, même quand on ne la voit pas.
L’après-midi, le village s’embrase. À 14h, les géants font leur entrée. Guillem et Gueralda, les ambassadeurs locaux, marchent au son des colles d’Elne, d’Emporion et de Saint-Hippolyte. Les vigatanes claquent, les sardanes tournent. On ne regarde pas, on est dedans. C’est du folklore, mais du folklore qui a du muscle.
Puis, la magie opère. À 15h30, les Pallagos del Conflent montent leurs pyramides humaines. Le souffle s’arrête. La tension est palpable. C’est de la pure adrénaline, un moment suspendu où la force collective défie la gravité.
Signe Paul Ferra
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