Ce jeudi 26 novembre, le Clap-Ciné de Canet-en-Roussillon rouvre un dossier que le cinéma français n'a jamais vraiment refermé. Marie Octobre, le thriller de Julien Duvivier, réunit d'anciens résistants autour d'une même table, avec une question qui les ronge : qui a trahi ? Un huis clos dont la tension, des décennies plus tard, n'a pas pris une ride.
Julien Duvivier signe ici un chef-d'œuvre de la tension psychologique, sorti en 1959. Le scénario est d’une précision chirurgicale : quinze ans après la guerre, Marie Octobre apprend qu’un membre de son réseau de Résistance a trahi, causant la mort du Commandant Castille, l’homme qu’elle aimait. Elle réunit les survivants dans une ferme isolée, avec une seule idée en tête : démasquer le coupable. C’est du polar à l’état pur, sans une seule goutte de sang, mais avec une pression qui fait trembler les mains.
On y retrouve une distribution de rêve, une constellation de visages que nos aînés reconnaîtront immédiatement. Serge Reggiani, dans un rôle de mécano au regard dur, Lino Ventura, Danielle Darrieux, Bernard Blier… Ce n’est pas qu’un film, c’est une machine à remonter le temps. C’est l’occasion de revoir Reggiani, dont la carrière reste une énigme fascinante pour la jeune génération, et de mesurer l’impact de ces acteurs qui ont façonné notre imaginaire collectif.
La séance est présentée par le ciné-club et animée par l’association « Les copains de Brassens ». C’est ce mélange d’érudition et de convivialité qui fait la force de ces soirées. On discute, on débat, on se souvient. C’est un moment de partage, loin du bruit des réseaux sociaux, où l’on redécouvre la puissance du récit.
Alors, ce jeudi soir, laissez vos téléphones dans votre poche. Venez écouter la respiration des acteurs, le silence qui pèse sur la ferme, et la lumière qui, peu à peu, éclaire les secrets. C’est une invitation à la mémoire, à la vengeance, et à la beauté du cinéma d’auteur.
Signe Paul Ferra
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