Il y a des soirs où l’air de la plaine du Roussillon semble plus épais, comme si la tramontane, au lieu de ranger le ciel, retenait son souffle pour mieux écouter. C’est le cas, cette année, à Canet-en-Roussillon. On ne vient pas au Clap Ciné pour un simple film. On vient pour une respiration collective, pour sentir le bois des chaises vibrer sous les rires et les silences. Comme je vous l’écrivais lors de nos précédentes séances avec le ciné-club Canetoiles, c’est ici que la magie opère, loin du vacarme des grandes salles, dans cette intimité précieuse où l’on se sent presque chez soi.
Les 19èmes Journées Brassens reviennent, et c’est un événement que je guette depuis des années. Cette édition, qui s’étend du 27 au 28 novembre, a un parfum de nostalgie douce. On y retrouve l’humour insolent, cette irrévérence qui pique juste ce qu’il faut. C’est le genre de spectacle qui vous fait oublier que vous êtes assis, qui vous emporte dans une onde de chaleur humaine. On y chante la mort avec légèreté, l’amour avec malice. C’est Brassens, oui, mais c’est aussi la vie telle qu’on l’aime : un peu folle, un peu douce, toujours vraie.
L’ambiance est celle d’un grand banquet sonore. On y croise des visages familiers, des habitués qui ont grandi avec ces chansons. C’est un peu comme aller au marché du dimanche, mais pour l’âme plutôt que pour le panier. On sent l’odeur du bois, le bruit des applaudissements, cette lumière tamisée qui fait que tout paraît plus beau, plus vrai. C’est un moment suspendu, où le temps semble ralentir pour laisser place à l’émotion pure.
Alors, si vous avez envie de rire, de chanter, de pleurer un peu, foncez. C’est à Canet, dans cette salle qui sent bon la culture et la camaraderie. Venez avec votre cœur, et laissez le reste derrière la porte.
Signe Paul Ferra
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