Samedi 19 septembre, la rue du Foirail à Prades devient un terrain de jeu militant. Les Journées du matrimoine en Conflent s'ouvrent sous le thème « Ne me libère pas, je m'en charge ! ». Loin des conférences académiques ou des expositions statiques sur la place Saint-Pierre que l'on a pu croiser lors d'éditions précédentes centrées sur les livres et la mémoire féminine du pays, cette édition se veut active. On ne vient pas pour écouter passivement l'histoire des femmes rurales ; on y participe, on y chante, on tisse sa propre rébellion.
L'énergie de la journée est portée par la Chorale féministe et antifasciste de Prades. Ce n'est pas un concert classique où l'on reste assis dans le silence. C'est une prise de parole collective, sonore et physique. Les voix s'élèvent pour rappeler que le matrimoine — ce patrimoine construit, transmis et défendu par les femmes du Conflent — est vivant. Il respire. Il a besoin d'être chanté avec force pour exister pleinement dans l'espace public pradanais, souvent dominé par des récits plus traditionnels ou touristiques.
Au cœur de cette effervescence, Julie Roussillon propose sa broderie rebelle. C'est un geste précis, presque intime, qui contraste avec le fracas des chants engagés autour d'elle. Chaque point de fil est une petite déclaration politique : on ne brode plus seulement pour décorer la maison du village ou coudre les boutons des chemises masculines ; on brode pour dire ce que l'on pense, pour tisser sa propre histoire sur un tissu qui lui appartient. C'est le matrimoine sous forme d'objet concret, tangible, qu'on peut emporter avec soi comme une preuve de résistance douce.
La journée ne s'arrête pas là. Des ateliers et un salon d'écoute de podcasts rythment la matinée, tandis que La Ludo d'Aquí propose des jeux pour enfants. Cette approche inclusive permet à toute la famille de découvrir le matrimoine sous ses multiples facettes : culturelle, militante et ludique.
Cette journée se déroule le samedi 19 septembre 2026 dans un cadre gratuit, accessible à tous ceux qui souhaitent s'immerger dans cette dynamique collective pradanaise. L'événement met en lumière la place des femmes en milieu rural, loin des clichés et avec une énergie communicative.
Signe Paul Ferra
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