Chaque mardi, depuis 1995, le Monastir del Camp à Passa accueille son marché local. Les étals en bois, usés par les saisons, s’alignent sur la terre battue. Les producteurs arrivent avant l’aube : œufs tièdes dans leurs cartons, tomates rouges des serres de Villemolaque, pains croustillants sortis du four à 5 heures.
Les anciens du village viennent avec leur panier. Ils posent une main sur un panier de châtaignes, hument le miel dans son pot, vérifient la fraîcheur d’un fromage. Personne ne crie les prix. On paie en pièces, sans mot dire.
Le marché se vide vers 13 heures. Le soleil monte trop haut sous les arbres clairsemés. Il n’y a pas de publicité, pas de subvention. Juste une habitude : celle de continuer à vivre avec ce qui pousse et se fabrique à portée de main.
Tu peux venir à 8 heures. Ou plus tard. Le marché n’attend personne — mais il ne ferme jamais sans avoir vu passer quelques voisins.
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