QUOI ? Thomas Marty présente son nouveau spectacle, un one-man-show mêlant humour mordant et chroniques du quotidien, après le succès de son premier tour.
OÙ ? Palais des Congrès, Perpignan
QUAND ? Samedi 10 octobre 2026 à 20h — Billets à partir de 33 € sur Fnac Spectacles et FestScanner.
Il revient. Pas en trombone, pas en buzz, pas avec un micro qui claque comme une gifle de TikTok. Il revient avec ses chaussures usées, son regard qui ne cherche plus à plaire — seulement à dire la vérité, en riant.
Thomas Marty n’est pas un humoriste. C’est un ancien banquier qui a jeté sa cravate sur le trottoir de Saint-Raphaël un matin de janvier 2020, et qui depuis, marche dans les rues de Perpignan comme s’il les connaissait depuis toujours — parce qu’il les connaît. Il voit les vieilles femmes qui achètent leur pain à la boulangerie du coin, les gamins qui jouent au foot sur le parvis du palais des congrès en oubliant que c’est un lieu de culture, les hommes qui boivent un verre à la terrasse d’un café en silence, comme s’ils attendaient quelque chose qu’ils n’osent plus nommer.
Il ne fait pas de sketches. Il raconte.
Des histoires de retraite anticipée par le désenchantement.
De l’ennui qui tue plus vite que la crise.
Du téléphone qui remplace les regards, et des mots qu’on échange comme des pièces de monnaie.
C’est pas drôle, ce qu’il dit.
Mais c’est vrai.
Et c’est pour ça qu’on rit — jusqu’à en avoir mal aux côtes.
Il y a dix ans, on venait au théâtre pour oublier le monde.
Aujourd’hui, on vient pour comprendre pourquoi il va si mal.
Perpignan, cette ville qui sent le romarin et l’asphalte brûlé en juillet, qui garde ses ruelles étroites comme des secrets entre les murs de galets, elle n’a pas changé.
Mais nous, on a changé.
On a appris à vivre avec un écran dans la main et un vide dans le ventre.
Et Thomas Marty, lui, il lève le voile — sans haine, sans jugement, juste avec une pointe d’ironie qui fait mal comme un bon coup de soleil.
C’est pas du rire pour rire.
C’est du rire pour ne pas pleurer.
Je l’ai vu en 2023, à la salle des fêtes de Céret.
Il parlait du chômage, du bailleur social qui ne répare rien, et du jour où il a dû dire à sa mère : « Maman, je n’aurai pas de retraite. »
Elle a ri.
Puis elle s’est tue.
Et moi aussi.
On est des milliers à avoir vécu ça.
Mais personne ne l’a dit comme lui.
Pas avec cette voix-là.
Pas avec ce silence après le rire.
Il n’y aura pas de musique, pas d’effets spéciaux, pas de décor.
Juste un homme, une chaise, et les ombres qui dansent sur les murs du Palais des Congrès — ce bâtiment moderne où l’on vient voir des spectacles, mais où, parfois, on retrouve l’âme d’une ville.
Allez-y.
Ne venez pas pour le nom.
Venez parce que vous avez besoin d’entendre la vérité — même si elle fait rire.
Signe Paul Ferra
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