QUOI ? Souad Massi, artiste algérienne emblématique du folk et du rock aux sonorités arabes et kabyles, donne un concert intime à Perpignan, avec un répertoire porté par la poésie, l’exil et la résistance. Elle chante en arabe, français et kabyle, accompagnée de guitare acoustique et d’oud.
OÙ ? Théâtre de l’Olivier, Perpignan
QUAND ? Dimanche 11 octobre 2026 à 20h30 — Billetterie : www.theatredeolivier.fr (places limitées, pas de place debout)
Elle ne chante pas pour être entendue. Elle chante parce que le silence serait une trahison.
Souad Massi revient à Perpignan comme on revient chez soi, même quand on n’y est jamais né. Pas en touriste, pas en star qui passe. En femme qui a marché sur les cendres de son pays, qui a porté des enfants dans l’exil, et qui, chaque soir, transforme sa voix en autant de pierres pour construire un mur contre l’oubli.
Elle ne joue pas ses chansons. Elle les exhume.
De la guitare acoustique aux cordes d’oud, du folk des montagnes kabyles au rock qui gronde comme une tempête sur la Méditerranée, elle tisse un répertoire où chaque mot pèse. En arabe, en français, en kabyle — jamais pour le show, toujours pour dire vrai. Les textes ne sont pas des poèmes. Ce sont des lettres non envoyées à ceux qu’on a perdus. Des cris étouffés dans un train de nuit. Des silences qui parlent plus fort que les tambours.
Perpignan sait ce que c’est que d’être entre deux mondes. Entre Espagne et France, entre langue catalane et français administratif, entre mémoire ancienne et urbanisation sans âme. Ici, les ruelles du centre sentent le café brûlé et la pierre humide des maisons du XVIIIe siècle. Les murs en galets de la place Castillet ont vu passer des soldats, des réfugiés, des artistes en fuite — comme elle.
Elle n’est pas venue ici pour faire un concert. Elle est venue parce que cette ville, avec ses vieilles pierres et son âme encore vive, comprend ce qu’elle ne dit jamais à haute voix : que l’exil n’est pas une destination. C’est une cicatrice qui ne guérit jamais — mais qui peut chanter.
On parle de sa voix comme d’un instrument rare. On oublie qu’elle est aussi une mémoire vivante.
Elle ne chante pas les guerres. Elle chante les mères qui attendent au bord des routes. Les enfants qui oublient leur langue maternelle pour être acceptés. Les hommes qui gardent un morceau de terre dans leur poche, même quand ils sont à l’autre bout du monde.
C’est ça, le vrai rock : pas la disto, pas les lumières. C’est cette voix qui tremble — et qui ne tombe pas.
Ne venez pas pour écouter une chanteuse.
Venez pour entendre quelqu’un qui refuse d’être silencieuse.
Le soir du 11 octobre, dans cette salle aux murs de brique rouge, il n’y aura pas de spectacle. Il y aura un moment. Un instant où le passé rejoint le présent — et où la musique devient une forme de résistance.
Pas de discours. Pas d’effets. Juste elle, sa voix, ses guitares, et ce silence qui suit chaque note…
Celui qu’on ne peut pas tromper.
— Signe Paul Ferra
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