Samedi 13 mars 2027, le Palais des Congrès de Perpignan accueille « Feet », une immersion chorégraphique et musicale qui retrace l’histoire des danses jazz.
On a souvent l’image d’un jazz un peu poussiéreux, figé dans des costumes de dandy ou des salons feutrés. Ici, c’est tout l’inverse. C’est la sueur, le souffle, le cuivre qui claque dans la gorge. « Feet », c’est le corps qui parle avant la tête. C’est cent ans de mémoire qui se délient dans un mouvement continu, du Cake Walk aux formes modernes les plus libres.
J’ai connu des spectacles où l’on regardait, mais rarement où l’on était traversé. Sous les lumières tamisées, le quatuor instrumental et le duo de danseurs forment un seul organisme. On ne distingue plus qui mène la danse : c’est la respiration commune. Chaque tableau est un voyage temporel, une plongée dans ces clubs de Nouvelle-Orléans où la joie était une nécessité politique autant qu’esthétique.
C’est un spectacle généreux, vibrant, presque physique. On sent le sol vibrer sous les percussions, on entend le frottement des semelles sur le parquet. Ce n’est pas une simple démonstration technique ; c’est une ode à la liberté du mouvement. Après avoir vu passer des centaines de concerts dans notre département, entre les petites salles de village et les grandes scènes de la capitale catalane, il faut reconnaître que cette alchimie entre le son et le geste reste rare.
Pourquoi venir ? Parce que le jazz, c’est avant tout une conversation. Et ici, la conversation est haute, bruyante, joyeuse. C’est une invitation à bouger, même si vous restez assis. Le rythme vous prend aux tripes, il ne vous laisse pas indifférent. C’est ce genre de soirée qui vous laisse avec une envie irrépressible de vous lever et de danser dans votre cuisine, même si vous êtes seul.
Signe Paul Ferra
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