Samedi 20 mars 2027, le Palais des Congrès de Perpignan va vibrer au rythme de la Neuvième Symphonie de Beethoven.
On ne vient pas ici pour écouter poliment. On vient pour être traversé. Cette salle a un mordant rare, un corps imberbe mais un cœur qui bat fort. Et là, avec la 9e, c’est la tempête en cage qui se libère.
Beethoven, l’homme sourd, celui qui a fini son chef-d’œuvre en 1824 avec le doute au ventre, nous offre ici sa plus grande déclaration d’amour à l’humanité. Le dernier mouvement, c’est pas une conclusion. C’est une explosion. Quand les solistes et le chœur entrent, la salle ne respire plus. C’est de l’énergie brute, du son qui tape dans la poitrine, une joie qui n’a rien à voir avec la bienséance.
L’Hymne à la Joie, écrit par Schiller, devient ici un cri de guerre. On sent la foule qui se lève, même si on est assis. C’est électrique. C’est immédiat. C’est le genre de moment où vous oubliez que vous êtes dans le 66, que le Têt coule quelque part, que la vie continue dehors. Ici, il n’y a que le son.
Alors, oubliez les smokings rigides et les bâillements discrets. Cette œuvre, c’est un séisme sonore. C’est la preuve que la musique classique, quand elle est jouée avec cette fureur, reste la forme d’art la plus dangereuse qui soit.
Le museau de Pelut, lui, sait déjà que l’air va changer. Il le sent dans les vibrations.
Signe Paul Ferra
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