Le soleil commence à baisser sur Cabestany, mais l’été n’a pas encore rendu ses palmiers. Ce mercredi 19 août, la bibliothèque André Stil ouvre ses portes pour une lecture douce, presque saline : des histoires de sable, d’eau salée et de glaces qui fondent trop vite.
Pas besoin d’être un lecteur accompli. Pas besoin non plus de réserver. Juste d’arriver avec les pieds encore un peu brûlants du chemin, ou la serviette enroulée autour du bras comme un trophée de plage. Les albums défilent, choisis pour leur air de vacances : les crabes qui dansent sur le sable mouillé, les enfants qui chassent les vagues avec des seaux trop petits, les bateaux en papier qui disparaissent sous l’horizon.
C’est une pause fraîcheur, mais pas seulement. C’est aussi un retour à ce que les vacances ont de plus simple : le silence entre deux pages, le souffle d’un adulte qui lit, et la curiosité des petits qui ne veulent pas qu’on tourne.
Ici, pas de grand spectacle. Pas de musique forte. Juste une voix, quelques illustrations vivantes, et l’odeur discrète de crème solaire qui flotte encore dans l’air. Les enfants écoutent, parfois en silence, souvent en riant doucement quand un poisson sort de l’eau avec un chapeau. Ce n’est pas une animation pour les vacances. C’est une pause dans les vacances.
Et puis, à la fin, chacun repart avec son album préféré – ou simplement avec le souvenir d’un moment où le temps s’est arrêté, juste assez longtemps pour entendre le bruit des vagues… en imagination.
On pourrait croire que ces lectures sont pour les enfants. Mais on sait bien, ici, qu’elles sont aussi pour ceux qui ont oublié comment rire d’un crabe qui marche en diagonale.
Le vent du littoral n’a pas besoin de vacances. Il est là, tout le temps. Et parfois, il suffit d’une histoire pour se rappeler pourquoi on aime tant cet endroit.
Signe Paul Ferra
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