Perpignan s'apprête à célébrer le vin primeur ce samedi
Samedi 17 octobre, Perpignan bascule dans l'univers du nouveau millésime. La Fête des vins primeurs n'est pas une simple réjouissance ; c'est un rendez-vous avec le temps qui passe et celui qui recommence.
Dans les rues pavées du centre historique, la ville se pare d'une lumière dorée particulière. Ce n'est pas celle du soleil couchant, mais celle du moût fermenté, âcre et sucré, qui s'échappe des tonneaux délestés par une jeunesse viticole enthousiaste.
Comme lors de la Fête nationale, Perpignan transforme ses places publiques en salles des fêtes intimes. Ici, le 17 octobre, c'est toute une génération qui vient célébrer sa première vendange. On ne parle pas encore d'appellation contrôlée stricte ou de millésime historique ; on parle de vie, de sueur et du premier sourire à la bouteille.
Les étudiants de l'Université Perpignan Via Domitia sont aux premières loges pour montrer que les Coteaux du Roussillon ne sont pas seulement des noms sur une carte. Le vignoble expérimental célèbre ses quarante ans cette année même, planté il y a quatre décennies sur 0,5 hectare. Ils démontrent qu'un travail acharné, souvent biologique, est toujours passionnant.
Il y a un contraste saisissant dans cette célébration entre l'ancrage profond du terroir et la légèreté de l'instant. D'un côté, les vieux vignerons ; de l'autre, les jeunes Catalans qui y voient un prétexte pour se retrouver après les mois d'été dispersés.
L'odeur est particulière : elle mélange la poussière des chemins de vigne séchés par le vent marin avec l'éclat sucré du raisin écrasé. C'est une odeur qui ne s'oublie pas, car elle sent les racines. Elle rappelle que notre histoire locale n'est pas une légende.
Ce qui fait la beauté de cette fête, c'est qu'elle n'a pas besoin d'être grandiose pour être essentielle. Elle est intime. On y boit peu, mais on y parle beaucoup.
Signe Élise Ribes
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