LA NUIT DES ÉTOILES « CONTE MUSICAL ET HARPE » — REDOUTE MAILLY
Vendredi 28 août 2026 — Port-Vendres
Heure : 21h — Point de rencontre : Redoute Mailly, chemin du Fort Béar
Entrée libre — Prévoir une couverture ou un châle, la nuit est fraîche sur les hauteurs.
Accès à pied depuis le chemin du Fort Béar (15 min de marche depuis le port) — Pas de stationnement sur place.
En cas de pluie : report à la semaine suivante, même heure et lieu.
Ça fait trente ans que je viens ici, à cette redoute. Quand j’étais gamin, les soldats étaient encore là, en faction, avec leurs uniformes qui puaient le crottin de cheval et la poudre vieillie. Aujourd’hui, plus personne. Juste le vent qui passe entre les pierres, comme s’il murmurait des secrets qu’on n’a pas le droit d’entendre.
Et pourtant, ce soir-là, elle revient — la musique. Pas celle des guitares qui résonnent sous les terrasses du port, ni des tambours qui font danser les touristes en sandales. Non. Celle-ci vient d’ailleurs. D’un temps où les hommes croyaient encore que les étoiles étaient des dieux tombés du ciel. La harpe, seule, avec sa voix de soie et de corde tendue, raconte les mythes grecs comme on chuchote une prière à l’oreille d’un mourant.
On entend le murmure d’Orphée descendu aux enfers. On voit les étoiles se déplacer dans le ciel — pas parce qu’elles bougent, mais parce que la musique vous fait oublier où vous êtes. Les enfants, les vieux, les amants silencieux… tout le monde s’assoit sur l’herbe, sans parler. Personne ne sort son téléphone. On n’a plus besoin de ça ici.
Port-Vendres, on l’a oubliée trop longtemps. On la voit comme un coin de plage pour les week-ends, un port où les mouettes crient et les touristes achètent des t-shirts. Mais ce que personne ne dit, c’est qu’elle a vu passer plus d’histoires que n’en contiennent tous les livres du monde. Les Phéniciens y ont débarqué avec leurs amphores et leurs dieux. Les Romains sont venus après, puis les pirates, puis les soldats qui ont creusé ces fortifications pour rien — parce qu’on croyait encore que la guerre pouvait se tenir à portée de canon.
Et maintenant ? Maintenant, on vient ici avec une harpe et un conteur. Pas d’effets spéciaux. Pas de lumières artificielles. Juste le ciel, les étoiles, et cette voix qui ne ment jamais.
Ne venez pas pour voir un spectacle. Venez pour entendre une mémoire.
Signe Paul Ferra
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