Infos pratiques
đ Vendredi 14 aoĂ»t 2026 â DĂźner Ă partir de 20h
đ Cabaret Chez Bibiche, La Bastide (66110)
đ AccĂšs : suivre la D900 jusquâau virage du moulin sec, puis prendre le sentier en graviers qui monte Ă gauche â parking gratuit devant lâancienne Ă©table
đïž Formule complĂšte pour deux : repas + spectacle â rĂ©duction de 41% sur place (rĂ©servation obligatoire au 06.82.xx.xx.xx)
â ïž Pas de service aprĂšs minuit. Chaussures confortables conseillĂ©es : le sol est en pierres anciennes, et les escaliers raides.
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Ăa fait trente ans que je viens ici, et jamais jâai vu la salle aussi pleine â pas parce quâil y a du monde, mais parce quâon sent lâair chargĂ© de quelque chose dâancien qui sâĂ©veille.
Chez Bibiche, ce nâest pas un cabaret comme les autres. Il nây a ni nĂ©on, ni musique amplifiĂ©e. Juste une vieille lampe Ă huile au plafond, trois chaises cassĂ©es en bois de chĂȘne, et le silence entre deux notes qui pĂšse plus lourd quâun orchestre.
Le repas ? Une soupe de lentilles du pays, un rĂŽti de porc aux herbes sauvages, du pain cuit au feu de bois. Rien de fastueux. Mais quand la grand-mĂšre de Bibiche sert le fromage â ce bleu fait dans lâombre dâun caveau, avec du lait des chĂšvres qui broutent les pentes du Canigou â tu comprends pourquoi on vient jusquâici.
Le spectacle ? Un homme en veston trop grand, une guitare à cordes de soie, et trois chansons en catalan que personne ne chante plus. Il ne regarde pas le public. Il parle aux pierres. Et les pierres répondent.
đ Vendredi 14 aoĂ»t 2026 â DĂźner Ă partir de 20h
đ Cabaret Chez Bibiche, La Bastide (66110)
đ AccĂšs : suivre la D900 jusquâau virage du moulin sec, puis prendre le sentier en graviers qui monte Ă gauche â parking gratuit devant lâancienne Ă©table
đïž Formule complĂšte pour deux : repas + spectacle â rĂ©duction de 41% sur place (rĂ©servation obligatoire au 06.82.xx.xx.xx)
â ïž Pas de service aprĂšs minuit. Chaussures confortables conseillĂ©es : le sol est en pierres anciennes, et les escaliers raides.
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On oublie souvent que La Bastide nâa jamais Ă©tĂ© un lieu pour les touristes.
Elle a Ă©tĂ© faite pour ceux qui restaient. Pour les mineurs qui descendaient du Canigou avec le dos brisĂ©, pour les bergers qui venaient vendre leur lait Ă lâĂ©glise, pour les veuves qui gardaient les lumiĂšres allumĂ©es dans les fenĂȘtres en hiver.
Aujourdâhui, il ne reste plus que soixante Ăąmes. Et pourtant, ce soir, on entend des rires. Des verres qui tintent. Une voix qui tremble sur une mĂ©lodie oubliĂ©e.
Câest ça, la magie ici : elle ne cherche pas Ă impressionner. Elle se contente dâĂȘtre. Comme le chĂȘne au bord du sentier, qui a vu passer trois siĂšcles et continue de pousser malgrĂ© les vents.
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Tu ne viens pas Ă La Bastide pour voir du spectacle.
Tu viens parce que tu as besoin dâun endroit oĂč le temps ne court pas.
OĂč les Ă©toiles sont si basses quâon a lâimpression de pouvoir les toucher avec la main.
OĂč les murs ont encore la mĂ©moire des pas dâavant.
OĂč un homme chante une chanson que personne nâa entendue depuis 1947, et pourtant, tout le monde connaĂźt les paroles.
Câest rare.
Et ça va bientÎt disparaßtre.
Alors vas-y.
Prends deux places.
Mange lentement.
Ăcoute sans parler.
Le silence, ici, nâest pas vide.
Il chante.
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