Jeudi 26 novembre 2026, le ciné-club Canetoiles projette
Marie Octobre de Julien Duvivier au Clap-Ciné, avenue Guy Drut. C’est une soirée qui sent la poudre et la trahison, servie par une distribution qui, à l’époque, faisait trembler les planches du théâtre. On ne vient pas ici pour un simple divertissement, mais pour revivre cette France d’après-guerre où la mémoire est une arme plus tranchante que le couteau.
Comme lors de nos précédentes rencontres avec le ciné-club, Canetoiles a ce don rare : celui de déterrer des joyaux oubliés. Ici, pas de filtre numérique ni de remastering lisse. On a la texture du grain, le poids des silences. Serge Reggiani y est un flic à la fois lasse et redoutable, Lino Ventura incarne la brute au cœur fragile, et Danielle Darrieux apporte cette grâce fatale qui fait basculer le destin. Le film est un huis clos psychologique où chaque regard cache un mensonge.
Le contexte local n’est pas anodin. Canet, c’est la ville des plages, oui, mais c’est aussi celle des habitants qui, le jeudi soir, quittent leurs chaises longues pour se glisser dans l’obscurité de la salle. C’est un rituel. L’association, née en 1999, continue de tisser ce lien humain autour de la pellicule.

La séance est proposée en partenariat avec l’association Les copains de Brassens, ce qui ajoute une touche de poésie aux dialogues cinglants de Duvivier. C’est l’occasion de rappeler que le cinéma, ici, n’est pas un produit de consommation, mais une conversation. On y vient pour discuter, pour débattre, pour sentir l’odeur de la moquette usée par les années de passion.

Signe Paul Ferra
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