Mercredi 9 septembre, à 17 heures précises, la porte de l’école ApSara s’ouvre sur une salle aux murs blancs et au parquet encore frais. Douze enfants, entre quatre et dix-sept ans, attendent debout, les pieds nus, les mains posées sur les cuisses.
Le premier pas dans la cour
La professeure, Sarah Mesquida, ne prononce aucun mot. Elle se place au centre, silencieuse. Sa main droite s’élève lentement — comme une tige de bambou qui cherche le ciel. Le silence n’est pas vide : il résonne du frémissement des vêtements, du souffle retenu, du claquement d’un orteil sur le bois.
Le vent qui vient d’Angkor
Les mouvements ne viennent pas d’un cours. Ils sont transmis par les mains des mères, gravés dans la mémoire des bas-reliefs d’Angkor Wat. Ici, à Canohès, ces gestes anciens se mêlent au vent de la plaine du Roussillon — comme le miel du Capcir qui fond lentement dans un verre d’eau tiède.
Les enfants ne connaissent pas encore les noms khmers des postures. Mais ils savent déjà poser leurs paumes sur le sol, comme pour remercier la terre de les porter.
Ce que Perpignan ne voit pas
On dit que Canohès est un village-dortoir. Que les gens viennent pour le train vers la ville. Mais qui regarde vraiment ce qui se passe sous les arcades de l’avenue du Général-de-Gaulle ?
Sarah a vu la lumière changer sur les temples du Cambodge. Ici, c’est pareil — mais avec le parfum des figues mûres qui tombent dans les jardins.
Et si c’était ça, la culture ?
Pas de spectacle. Pas de compétition. Juste des pas qui se répètent — lentement, comme le temps qu’on prend pour boire son café en terrasse.
Ici, personne ne court après les applaudissements.
Mais chaque soir, à 18h30, quand la lumière du soleil effleure les toits de tuiles rouges et que l’air se remplit d’un parfum de thym sauvage, on entend — presque imperceptiblement — le silence qui danse.
— Paul Ferra
Infos pratiques
- Date : mercredi 2 septembre 2026
- Lieu : 29 avenue du Général de Gaulle, poursuit ses activités avec une programmation associant d
💬 Commentaires
Soyez le premier à commenter !
Laisser un commentaire